Adieu Thérèse

« Thérèse, je te prends, je te retourne… » vous connaissez ce célèbre passage du Père Noël est une ordure, n’est-ce pas ? J’avais nommé ma trottinette ainsi, parce qu’en la prenant, en la retournant en la repliant, bon, voilà, ça m’avait fait penser à cette tirade légendaire !

De manière un peu moins grivoise, soyons concis : j’ai vendu Thérèse. Oui. Ma Xiaomi M365, ma bonne vieille trott, acheté en octobre 2019, a été vendue hier. Et même si elle prenait la poussière depuis maintenant de nombreux mois, je n’oublie pas les bons souvenirs vécus avec elle. Des souvenirs qui n’effacent pas les galères et les soucis que nous avons vécu ensemble, mais qui renforcent encore notre histoire.

Les débuts : les galères de RER

Lorsque j’achète Thérèse, nous sommes donc en 2019. Je me farcie depuis un an entre 1h30 et 2h de transports par jour. Le quotidien de bon nombre de travailleurs, certains ayant bien pire, même, en terme de changements et de temps passés dans les transports. Le but de l’achat est simple : m’éviter au maximum les changements et gagner en autonomie. Grâce à Thérèse, j’oublie le combo RER A / transilien ou RER A / tramway, et je commence donc à faire parcourir les environs de Suresnes/la Défense/Nanterre grâce à ma belles M365. Mieux encore, je retrouve le plaisir de pouvoir aller en soirée sur Paris. Ma trottinette devient un gage de sécurité. Je sais que je peux, au pire, rater le dernier RER avant l’heure fatidique du début des travaux, et me dire que, au pire, moyennant une demi-heure de trott et un peu de sueurs froides, je peux rentrer chez moi en évitant l’effroyable service de bus de remplacement.

Et ça fonctionne. Finalement, je n’utilise cette option que peu de fois, mais la simple présence de Thérèse me rassure. Moins de stress, et quelques retours de soirée improbables à sillonner des routes peu éclairées avec ma trott. Dès 2020, je faisais un retour de mon ressenti avec Thérèse, sur ce blog même. Je te laisse compulser ces informations et, globalement, en 7 ans d’utilisation, mon constat est le même : la trott c’est bien pratique, ça se plie facile pour les transports, mais ça n’apporte pas la tranquillité d’esprit d’un vélo. On est rapidement tributaire de l’état du sol : s’il est mouillé, s’il y a des nids de poule, etc. Bref, on roule, on prend du plaisir, mais j’ai toujours une petite appréhension à la conduite. Il faut rester en vigilance constante : les piétons, les cyclistes, les voitures et, en plus, la qualité du sol. Quelques vols planés en roulant, par mégarde, sur des tuyaux de chantier, ou des petits nids de poule, m’ont rapidement vacciné.

Cependant, le but était rempli : atténuer les galères de RER, nombreuses et fréquentes. Souvenir ému d’une matinée où, face à une grosse grève en 2019, j’ai pris ma trott pour faire l’intégralité du chemin de chez moi jusqu’au boulot. Au final, ce fut une mauvaise idée : on a vite très froid sur une trottinette, on ne s’y réchauffe pas du tout comme sur un vélo. Au final, je suis arrivé au travail en étant presque en état de malaise. Expérience moyenne donc.

 

 

Les habitudes : du kiff quand même

Tout de même, que de kilomètres parcouru, le vent caressant mon visage tel… le vent qui… euh… caresserait un visage. Bref. La facilité de pliage de la trott’, son encombrement minimum dans les transports, cette sensation de liberté, de pouvoir la sortir à tout moment (la trottinette), de rouler à 25km/h (et pas un de plus, je ne l’ai jamais débridée) en évitant les voitures, sur les pistes cyclables, entre les piétons, en évitant les gros axes bouchés, les trains bondés : quel kiff ! Les soirées sur Paris à rentrer tranquille, le style avec mon casque moitié motard, moitié cycliste, les gants renforcés, le gilet qui fait clignotant… bref, c’était cool.

Les sorties du Transilien, à Nanterre Université, en évitant la Défense RER, en prenant des parcours toujours un peu différents, en évitant les piétons qui marchent comme des zombies, c’était un régal, vraiment. Et puis, le vélo, c’est cool, mais arriver en trottinette, c’est aussi la possibilité de ne pas être tout suant, surtout quand on prend des parcours vallonés !

 

Le vélo, toujours, toujours.

Retrouver un travail dans sa ville, c’est oublier les galères de transports, le quotidien pesant, mais garder certaines habitudes. Durant un temps, assez long, j’ai continué d’utiliser Thérèse, régulièrement. 5 minutes de trott, et hop, au boulot ! Pareil pour aller à la salle de sport, ou n’importe où. Le rêve.

Et puis, il y a l’accident. Pour de vrai ! J’avais eu plein de petits soucis, minimes, dus à l’ancienneté de la M365, changement des pneus, freins à resserrer, etc… Mais là, en pleine balade, la potence à céder. C’est à dire que le guidon, rigide, qu’on peut plier lorsqu’on la range, grâce à un loquet, s’est plié en marche, la structure se cassant à l’intérieur. Boum. On se retrouve, à 25km/h, avec un guidon qui se plie totalement, et sans pouvoir vraiment se tenir dessus. Frais de réparation d’au moins 30 à 50 balles, pour moi, ça a été l’élément déclencheur. Quitte à mettre un peu de sous dans quelque chose, j’ai fait réviser Jean-Dimanche, mon vieux vélo. Plus sûr, plus fiable, et apportant la dimension sportive intéressante à mes activités de running, il me permet lui aussi d’arriver rapidement au boulot, sans sueur, étant donné la courte distance.

C’est ainsi qu’il y a quelques jours, j’ai vendu Thérèse, à un sympathique Monsieur.

Au revoir Thérèse, merci pour le ride. J’espère qu’il te prendra et qu’il te retournera avec la même satisfaction que moi, pendant 7 ans.

Je t’aime.