Marseille – la meilleure série du monde

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La caméra tourne sur elle-même dans un décor d’un bleu intense. La photographie de la scène est puissante, poignante, viscérale… En quelques secondes, l’ambiance est posée. Une porte s’ouvre.  Costume, cheveux mi-longs, carrure inédite : même de dos, Gérard Depardieu est reconnaissable entre mille. Tout comme ce rail de coke, qu’il sniffe violemment, à la Gérard Depardieu.  « Je descends la tête, je sniffe, je remonte la tête, et je la secoue d’un air brutal ». Il ne manque qu’un « Ah c’est bon ça ma couille » et l’on aurait affaire à la parodie d’une parodie.

La série commence. Marseille vient de me prendre dans ses bras.

Marseille, putain, MARSEILLE

Tout est là pour flatter le beauf quadragénaire en manque de testostérone. Le son de ma chaine hifi est gavé de basses que Netflix ne m’avait jamais fait connaître jusqu’alors, tel un amant qui se surpasse. Les couleurs sont ultra renforcées, comme me le prouve ce bleu électrique qui tapisse les murs du couloir. Dans les premières minutes, le son est étouffé, rapport direct avec le confinement du couloir et la prise de drogue de Gérard. Puis, il s’approche d’une sortie. Il arrive dans les tribunes du Stade Vélodrome. Bruit de foule en délire, le son est archi fort, pourtant, je n’ai pas touché au volume. Les basses explosent. Descente d’organe immédiate. Prise de vue aérienne du stade. Footballeurs sur le terrain. Voix off de Depardieu : « Putain, ce que j’aime cette ville« . L’ambiance est posée. Place au générique.

Marseille, meilleure série du monde

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Une histoire profonde

Trahisons, complots, sexe et banlieues : voilà comment résumer cette série française de qualité. Depardieu interprète Robert Taro, le maire de Marseille depuis 20 ans. Il est secondé par Lucas Barrès, son premier adjoint, admirablement campé par Benoit Magimel à qui la mairie est promise. Ce dernier trahit, dès la fin du premier épisode, son mentor qui décide donc, contrairement à ce qui était prévu, de se représenter à la prochaine élection municipale, contre toute attente. Débute alors la plus incroyable campagne municipale que l’histoire française ait jamais portée en son sein.

maxresdefaultPolitique et crispations

En toile de fond de cette intrigue politique, on retrouve des problèmes familiaux, des maladies dégénératives cachées, des racailles de cité, des mafieux avec des cheveux longs, des crimes sur des politiciens, du sexe, du violoncelle, de la drogue et des courses poursuites. Un cocktail léger, harmonieux et qui prend à merveille.

Un suspense insoutenable

Tu l’auras compris, petit lecteur, Marseille est une bouse comme on en fait plus. Une sorte de série télé des années 90 ressuscitée par un Docteur Frankenstein du petit écran. Un budget qu’on sent conséquent, mais qu’on a préféré investir dans tout ce qui est clinquant : gros son, grosses images, vues aériennes à outrance mais arrivant toujours comme un cheveu sur la soupe. Les acteurs lisent mal des dialogues trop écrits, les situations sont visibles à 18 kilomètres, les personnages sont stéréotypés, les femmes ne sont que des prétextes aux scènes de sexe qui sont tout aussi ratées que le reste. Depardieu est une parodie de lui-même. On sent qu’il a toutes les peines du monde à déplacer son énorme corps, approchant certainement la demi-tonne. Clairement, il n’en est plus maître. Quant à son nez, j’y vois juste un énorme fessier. Magimel, au visage buriné par la drogue, n’a plus assez de connexions neuronales pour provoquer le moindre plissement d’émotion sur son visage, hormis quelques exceptions, et aucun autre comédien ne sort du lot.

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Certains passages exceptionnels proposent des dialogues tonitruants

gerard-depardieu-24_5337493Ce n’est plus un nez, c’est une péninsule

Et pourtant, et pourtant…

Oui, j’ai regardé cette série du début à la fin. Comme un plaisir coupable. Comme un petit pet que tu respires en rigolant. Ça sent mauvais mais tu t’y attaches. C’est nul, mais tu veux connaître la suite. Même si tout est couru d’avance, tu prends un malin plaisir à voir jusqu’où Marseille ira. La réponse est : toujours plus loin. Ou plutôt, toujours plus bas.

648x415Le jeune de banlieue devient l’amour de la fille du maire. Deux mondes opposés. Roméo et Juliette des temps mordernes

Il est vrai que certains passages sauvent un peu les meubles. Des moments où les acteurs se réveillent et jouent véritablement bien. Je me souviens notamment d’une scène presque poignante entre Depardieu et Magimel… mais en 8 épisodes, c’est bien le seul moment où je me suis pris au jeu. Car, sans te spoiler, cher lecteur, sache que Marseille devient, peu à peu, une improbable et incroyable réinterprétation œdipienne, magnifiée par un jeu d’acteur époustouflant, où le fils veut tuer le père en couchant avec la mère. Je plaisante bien sûr, même si le scénario joue véritablement sur ce plan. C’est nul. Et ce merveilleux Tumblr te l’expliquera mieux que moi. Extrait :

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Punchlines aggressives

Finalement, un seul élément sauve la série : son générique qui, plutôt original, est visuellement réussi.

Voilà. Je te laisse avec le trailer de la série. Sois fort(e).


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