[Book’o’pif] Vivre d’aventures

Bon sang, qu’est-ce que tu lis en ce moment CaliKen ! Les trois derniers billets sont des Book’o’pif. T’es bibliothécaire ou quoi ?

« Rires dans la salle »

Aujourd’hui mes amours, je vais vous parler du dernier bouquin que j’ai lu,  Vivre d’aventures, par Mathieu Blanchard.

Signaux Contradictoires

Ma compagne, ma copine, ma partenaire de PACS, ma go, ma meuf, ma fiancée me dit parfois que je cours trop. Mais elle est partagée, car elle sait que ça me fait du bien et que j’aime ce sport. En discutant avec des amis coureurs, elle s’est rendu compte que je n’étais pas le seul et que, ouf, j’étais loin d’être le pire. En effet, mes 3 ou 4 sorties par semaines ne sont rien par rapport aux afficionados du running qui enchaînent les entraînements à 6h00 du matin, ou les pros et semi pros, adeptent des entraînement bi-quotidiens (avec une journée de repos, ça te fait quand même 12 sorties courses par semaine). Bon, tout ça pour dire, qu’elle accepte et qu’elle tolère, et que je l’aime.

Du coup, quel ne fut pas mon étonnement en voyant un bouquin parlant d’un ultratraileur, en gros, un type qui fait des courses incroyablement longues, en guise de cadeau d’anniversaire. Surpris, mais heureux. Oui, parce que j’avais dit à ma douce que pour 2024, j’envisageais de laisser un peu de côté les distances « courtes » comme le Marathon (ahahaha, qui aurait pu croire que je dirais qu’un marathon c’est court) pour tater de l’ultratrail, avec notamment une inscription, pour commencer, sur l’Ecotrail de Paris et ses 80km de souffrance bonheur.

Le trail ?

La course à pied, tu situes un peu ? Bon, et bien sache qu’il y a plusieurs familles dans ce qu’on appelle, avec notre accent bobo : le running (prononce « reuninguan », et imagine la tête de Marc Olivier Fogiel). Certains athlètes se spécialisent dans les sprints (100 à 200m), sur piste, d’autres dans le demi-fond (400m, soit un tour de piste, jusqu’à 1500 m), d’autres encore, le fond (5km et au delà).

C’est plutôt sur cette dernière catégorie, comme beaucoup d’amateurs, que je me suis centré. Mais elle est suffisament large pour proposer moults approches et expériences. Entre un 5 km et un 100 km, il y a un univers. D’ailleurs, même entre un 5 km et un 10 km, si tant est qu’on veuille vraiment bien le préparer, les enjeux sont différents.

Voilà la première classification. Et puis, on peut également distinguer les courses sur pistes des courses en nature, ou encore des courses sur route.

Le trail se situe donc dans ces fameuses courses natures, et propose, la plupart du temps, des formats allant du trail court (on va dire, à partir de 12 km) jusqu’à l’ultra-trail, et là, on part dans des délires invraisemblables. Pour te donner une exemple, ma petite Gisèle, sache qu’un des trails les plus réputés au monde est l’UTMB (l’Ultra-Trail du Montblanc), et qu’il propose 171 km et 10.000 mètres de dénivelé positif.

Courir dans de superbes paysages, souvent en montagne, voilà un peu ce qu’est le trail…

Bref, ces derniers temps, le trail a le vent en poupe. On a besoin de recoler à la nature, tester ses limites et tous les crétins dans mon genre suivent le mouvement, bien entendu. Vive les crétins.

 

Mathieu Blanchard

Mathieu Blanchard est un des plus grands traileurs au monde, rien que ça. Et pourtant, il y a encore quelques années, il était surtout connu pour avoir fait Koh-Lantah. Une célébrité qu’il assume, mais dont il se détache désormais. Dans cette biographie, très touchante, il parle de sa vie privée, de sa découverte de la course à pied, assez récente, puis du trail et de l’ultra-trail, encore plus nouvelles. Car si certains cadors comme Killian Jornet arpentent les plus grandes courses du monde depuis une vingtaine d’année, Mathieu, lui, a commencé vers 2017 et a fait vraiment le buzz ces toutes dernières années, notamment en finissant second de l’UTMB 2022, et en passant sous les 20 heures de course : un véritable exploit.

Et pour ne rien gâcher, c’est un bel homme. Il est énervant ce type.

Entre découverte du sport, choix professionnels, vie amoureuse et moments émotionnels fort, ce livre retrace le parcours du sportif tout en apportant de belles pistes de réflexions sur la nôtre. Doit-on suivre notre trintrin habituel ? Est-on heureux dans son métier ? Comment relever les défis que la vie nous lance ? Bref, à travers son histoire, indirectement, l’auteur nous interroge sur la notre. 

La ligne d’arrivée, une véritable délivrance.

Je mettrais un bémol tout de même sur le fait que le rêve n’est pas accessible à tous. Le trail, par exemple, est un sport qui coûte cher. Les inscriptions, le matériel, les voyages, ne sont pas à portée de toutes les bourses. Vivre d’aventures extrême, parfois même autre que le trail (expéditions polaires, etc.) il faut le pouvoir. Vivre simplement est un luxe que beaucoup ne peuvent pas s’offrir. Je crois qu’il est fait allusion à ça à un moment, justement. En tout cas, Mathieu Blanchard se rend compte de la chance qu’il a de pouvoir vivre de sa passion, et que partir au Canada pour travailler en tant qu’ingénieur, puis tout quitter, n’est pas quelque chose que tout le monde peut se permettre.

Allons courir

Maintenant que le bouquin est dévoré, j’ai plus que jamais envie d’aller avaler des kilomètres en forêt, en montagne, découvrir des paysages et vivre des trucs intenses. En toile de fond, il y a toujours ma foutue déréalisation qui, je pense, pourrais se retrouver confronter à moi-même, quand je serai épuisé, à mi-parcours d’un ultra-trail éprouvant, en manque de sommeil et d’énergie. Seul face à soi-même, seul face à ses démons, prêt à les affronter : je dois dire que ça me tente. Et mon modeste niveau en course à pied, qui m’oblige à simplement grapiller quelques minutes sur un 10km, un semi ou un marathon, commence à me lasser un peu. Un trail, quand on débute dans la discipline, ça se termine,  loin des idées de chronos et de performance.

Ce livre m’a motivé, m’a plu et, en cela, je remercie ma compagne, et je l’invite à le lire, lorsque je partirai courir pour préparer un 160 kilomètres à la Réunion.

 

 


1 comment

  1. San novembre 13, 2023 1:15  

    Tu peux être fier des efforts que tu mets dans ta passion, peu aurait la discipline de toujours cherché à s’améliorer ainsi.

    En tant que néophyte de la course, ton article me donne envie de renfiler mes basket et d’aller braver le froid de l’hiver dans quelques sessions reuninguan.

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