Oldelaf : Le Monde est Beau

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J’aime bien la musique. J’aime bien rire. Ça tombe bien, Oldelaf fait les deux. Il me fait rire et il fait de la musique. Voilà pourquoi je vais maintenant t’en parler, car le Monsieur a sorti un album en solo (auparavant, le nom du groupe était Oldelaf et Monsieur D, car il officiait avec un comparse modulable) très récemment et que j’ai été le voir en concert pas plus tard que Samedi dernier, et ça, tu trouves ça dingue.

Tout a commencé, une fois encore, par la découverte d’un dossier porno musical que mon ami Nicolas Escoubet, dit « Niwi », avait laissé sur mon personnal computer. Je découvris le groupe avec la merveilleuse chanson « Nathalie », une parodie des chants improbables que l’on peut entendre aux JMJ (Journée Mondiale de la Jeunesse, un rassemblement de jeunes scatholiques). J’écoute, je rigole, j’aime la voix, les arrangements, les paroles, la folie… Puis je décide d’écouter les albums dans l’ordre.

Oldelaf et Monsieur D, c’est, en tout et pour tout, trois albums à la saveur gratinée et improbable. Tout commence par Chansons Cons, puis un second album sort avec un nouveau Monsieur D : L’album de la maturité, de nouveau un changement de Monsieur D, et nous avons l’incroyable : Dernière chance d’être disque d’or. Des rires, de l’absurde, aucune chanson sérieuse, des morceaux aux styles différents (funky avec Tire-Fesse, ultra pop-glamour avec Bérénice, rock-californien avec Parce qu’on est jeune) et quelques tubes, comme le fameux clip du Café.

Et voilà que Monsieur Olivier Delafosse décide de sortir un album solo, tel Bruce Dickinson avec Iron Maiden, ou Christophe Mali avec Tryo. J’attendais donc l’album Le monde est beau avec un soupçon d’envie et un zeste de crème fraîche. Pourtant : déception. ET OUI ! Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que je pensais qu’en quittant tout « Monsieur D » et en se retrouvant seul, Oldelaf allait passer un niveau supérieur, qu’il allait rejoindre le firmament de la folie, écrire des billets pour Correspondance et Crème Fouettée. Si quelques titres sont effectivement hot potatoes comme jamais, comme J’ai chaud qui raconte l’histoire d’un lapin dans un four à micro-onde, ou La Tristitude… on retrouve d’autre morceaux beaucoup moins inspirés (selon moi) et, pour la première fois, plutôt en mode sentimental, voire tristouille. Je n’ai rien contre ce genre de chansons, mais le souci est que, ici, ils n’ont, en plus, rien d’exceptionnel. Leur construction est souvent extrêmement simpliste (couplet, refrain, couplet, refrain, couplet, refrain), et la voix d’Oldelaf s’apparente, ô crime, à celle de Bénabar, notamment sur certains couplets un peu traînant. Souffrance.

On retrouve pourtant certains morceaux attachants et plutôt sympas, comme Sparadrap, ou Les Mains Froides mais ce n’était pas ce à quoi je m’attendait. Alors certes, on pourra rétorquer qu’attendre toujours de l’humour de la part d’un artiste humoristique (justement) ça serait le cantonner trop facilement dans un registre… mais là, je trouve vraiment que certains morceaux sont fades et sans inspiration (je déteste, par exemple, les filles qui s’appellent Valérie). Que ce soit au niveau du texte, de l’arrangement ou de la mélodie, on s’ennuie vraiment, et c’est bien une première dans un album d’Oldelaf ! Même les genres changent moins qu’avant, on se retrouve avec une sorte de chanson française de base, avec des petits accords sautillants à la guitare, pas dégueux, mais vraiment pas inspirés…

Dommage, parce qu’on sent le génie et la puissance d’Oldelaf derrière, sa force et son absurdité à toute épreuve qui sommeillent tels des loups sous muselières. Il lui faudra encore un peu de temps pour acquérir l’expérience nécessaire à cette fusion parfaite qui est celle qui fait les plus grands : le mélange subtilement dosé de sérieux et de folie qui donne un goût homogène et délicieux. En attendant, l’album est quand même plutôt bon et ravira certainement ceux qui ne connaissait pas l’artiste, ou qui ne s’attendent pas à du Oldelaf tonitruant. Ceux qui voulaient retrouver, comme moi, la folie et la fraîcheur que l’on avait dans le dernier album devront se contenter de quelques petits morceaux et seront forcément un peu déçus.

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