2013 l’année du pèze

Passons d’abord par la case politesse, et souhaitons-nous, ensemble et en se regardant dans les yeux jusqu’au bout, une joyeuse année 2013. Loin de l’hypocrisie des bonnes résolutions, tentons d’être un peu meilleur chaque jour, plutôt que d’en attendre 365 pour faire des efforts qu’on oubliera au bout d’une semaine. Du coup, pas d’étalage de bonnes résolutions pour CaliKen.fr, pas de promesses de plus de Vidéos de CaliKen, même si elles reviendront, mais quelques petites infos intéressantes, à savoir que je risque d’ouvrir une nouvelle rubrique dans ce blog qui parlera musique d’une nouvelle manière. Suspens.

Pour le reste, je vous souhaite santé, joie, réussite dans vos projets et beaucoup de fric…ou pas. Magnifique transition, car en ce début d’année, j’ai besoin de parler de quelque chose qui me tient à coeur depuis longtemps : l’argent. Ce qui va suivre va vous paraître fou, pour moi c’est complètement censé, et quand bien même cet article ne fera pas avancer le schmilblick, il aura au moins sur moi un effet cathartique. C’est tipar.

J’ai beau prendre ça dans tous les sens, j’arrive toujours à la même conclusion. C’est ancré en moi comme quelque chose de puissant, d’inaliénable. Un peu comme ceux qui ont la foi, en Dieu ou en Isabelle Adjani. C’est une des rares choses dont je sois persuadé. L’argent est la première cause de toutes les souffrances humaines. J’ai beau écrire et réécrire cet article, j’en reviens à la même conclusion, et ce qui m’est difficile, c’est de l’expliquer. En fait, il me faut partir sur des bases très concrètes et très simples, de manière didactique afin d’essayer de partager mon point de vue. Car nous sommes tellement tous esclaves du fric que nous en oublions son inutilité. Une inutilité qui gère nous vie. Une illusion qui nous fait créer nos propres limites et nos propres malheurs. J’en suis sûr désormais, l’argent est l’existence du diable sur terre. Et si tu penses que je dis ça avec un sourire en coin, sache que ce sourire est jaune, car je commence à y croire véritablement. Mais reprenons tout depuis le début :

L’homme, l’espèce dominante

L’homme est, sans contexte, l’espèce qui domine le monde. Nous avons pouvoir de vie et de mort sur les autres animaux, et les technologies qui sont en notre possession nous permettent à la fois de subvenir à nos besoins, mais aussi de laisser planer une inquiétante épée de Damoclès sur notre planète : si l’envie, ou la folie, nous en prenait, nous pourrions détruire l’humanité. Les faits sont là, nous sommes capable d’utiliser plusieurs énergies, nous pouvons cultiver toutes sortes de nourriture, et nous pourrions donc subvenir à nos besoins sans aucun souci. Sauf que, en réalité, non. La majorité de nos ressources est utilisée par une poignée d’entre nous, tandis que la plupart des humains vivent de façon précaire. Parce que les ressources, les habitats, les énergies, appartenant pourtant à tous, ont été privatisés.

Quel est le premier trouduc de Néandertale qui a dit un jour, en ramenant un mammouth à bouffer, « Hey, je veux quelque chose en compensation ». A partir de quand a-t-il été décidé d’oublier le fait que c’est l’espèce qui prime, et pas l’individualité ? Que les notions de mérite, de rétribution, peuvent exister, mais pas au détriment de l’intérêt général ? Même le troc, premier pas vers le commerce, me rend ouf. Oui, oui, je peux te donner quelque chose, sans rien en compensation. Parce que en existant, tu as une importance, et que ta propre existence m’est utile. Un jour tu me donneras du pain, ou pas, peu importe, mais en tant que personne de la même espèce, partageons. BORDEL. Tout cela vaut, bien entendu, si les ressources sont assez grandes pour tous. Dans le cas inverse, la situation est plus problématique. Mais là, je parle de la vie d’aujourd’hui. D’une planète qu’on saccage parce qu’on l’utilise mal, et de différences entre les hommes, parce que certains ont le malheur de naître dans la pauvreté et/ou dans le mauvais pays. Egalité entre les hommes ? Egalité de mon cul, ouais !

Quand Papa revient du marché avec une dinde, il ne demande pas à ses enfants et à sa femme de la lui rembourser : il pense à sa famille. Et l’humanité est une grande famille. Quand un bébé demande le biberon, on ne lui demande pas de le payer. Et l’habitant d’un pays est l’enfant de ce pays. C’est donc d’abord au pays de lui donner de quoi (de quoi manger, de quoi dormir), avant de lui demander en retour. L’argent crée un besoin imaginaire, alors que tout est à disposition. Il apprend aux hommes à vivre pour eux, et non plus pour leur espèce. Il est à l’origine des guerres de religions, à l’origine des communautés, à l’origine de tous les problèmes mondiaux. Le droit d’usure n’est qu’une de ses nombreuses perversions, car l’argent, non content de pervertir les hommes, réussit à se multiplier tout seul, et à devenir une entité immatérielle. L’argent ne se compte plus au lingot d’or, il se boursicote, il prend de la valeur, il augmente ou baisse seul, étrange être mort-vivant, engendrant à lui seul les peurs et les faiblesses des hommes. Par quel miracle mon Livret A réussit-il à gagner 21 euros, tout d’un coup, en une année. Oui, ne me prends pas pour plus stupide que je suis, je sais très bien quelles en sont les raisons, mais, de manière très concrète, quelle est cette perversion qui permet à l’argent de se multiplier sans rien faire ?

Belle utopie que de croire que nous pourrions vivre dans un monde sans monnaie, me dira-t-on. Et pourtant. Les richesses sont là, mais nous nous en privons nous-mêmes. Ça me rend complètement dingue. Les pays eux-mêmes sont redevables envers des agences privées qui leur accordent des notes, alors que ces mêmes pays pouvaient, jusqu’il y a quelques années, fabriquer cet argent eux-mêmes.

Allez, laissez-moi avoir des pouvoirs magiques et dominer le monde svp. On recommencerait la société sans passer par la cause fuckin’ flouze. Les gens pourraient avoir ce qu’ils veulent, et il suffirait juste de limiter les biens dans une certaine mesure. Par exemple, tu as tout à fait le droit de prendre cette TV Plasma de 150 centimètres, mais pas deux, car il y a a une pour chacun. « OUI MAIS QUI VA PAYER LE MEC QUI A CONSTRUIT LA TELE HEIN ? »

Mais ferme ta putain de gueule ! Le mec qui a construit la télé n’a pas besoin d’argent puisqu’il n’y a pas d’argent. Tu vois ? Tu vois Damien, combien tu es persuadé de la valeur de l’argent ? Ce n’est pas l’argent qui rentre dans tes poumons et qui alimente ton sang en oxygène. Ce n’est pas l’argent qui va dans ton estomac et te nourrit. Le putain de fabriquant de télé ne sera pas payé, mais il ne payera rien lui non plus. Il ne payera pas le charcutier chez qui il ira manger, et le charcutier ne paiera pas le grossiste qui lui vend la viande, et le grossiste ne paiera pas l’éleveur qui ne paiera pas la bouffe pour ses porcs qui ne paient déjà pas le foin qu’il mange. LES CHOSES SONT GRATUITES D’ORIGINES.

Ok. La fièvre qui m’anime (tout aussi spirituelle que réelle, à en croire mon thermomètre rectale) est violente et doit vous faire peur mais…

Putain, oui, je rêve, et alors ? Je suis un artiste, laissez-moi tranquille et continuez de vivre dans votre monde qui court à sa perte. On verra bien qui avait raison au final ! Que peut-on faire pour changer ça ? J’en ai aucune idée, j’expose juste la vérité. L’incroyable vérité.


5 Comments

  1. Steve Jobs janvier 4, 2013 4:35   Répondre

    Je sais que tu t’attends à de nombreuses critiques..
    Mais je te rejoins sur de nombreux points, car j’ai la fièvre moi aussi. sauf:

    – Déja, à mon humble avis la première cause de toutes les souffrances humaines est en fait.. la bétise humaine.

    – Le premier trouduc de Neandertale gardait le mammouth pour le bouffer à lui tout seul, réfléchit! Et il trucidait quiconque voulant y gouter.. si c’est l’analogie que tu cherchais à faire avec l’homme si individualiste d’aujourd’hui..

    – Tu parles beaucoup de ressources mais jamais de produit. Certes, il parait qu’il y a assez de ressources pour subvenir aux besoins de tous – il parait que nos ressources diminuent aussi [sic] mais au jour d’aujourd’hui il suffit pas juste de trouver un pommier pour que Damien mange sa pomme tous les midi. Il faut planter l’arbre, l’entretenir, le cultiver…

    Alors tu dit que si on partage tout à l’équité tout le monde sera content?
    Tu oublie la notion d’effort qui a une valeur (valeur intrinsèque)
    Et je devine déja que tu méprise la méritocratie mais ne crois tu pas que LE PAUVRE GARS qui a risqué sa vie pour trouver de la pierre bleue divine de la confédération du Swaziland nouveau (seule source d’énergie disponible en post-ère de capitalisme sauvage en 45 après F.Delteil) ne mérite pas un peu plus que celui qui est resté dans le bistro toute la journée a boire du Aberlour 200 ans d’age gratuit?
    Comment le récompenser? ne pas le récompenser? lui donner un peu plus? le tuer? le couronner vice-président? Moi si on lui donne une 2ème TV plasma je suis jaloux, je croyais qu’on étais tous égaux.

    D’où l’utilité d’un moyen d’échange commun.. ce troc v2.0 à l’époque a permis l’avènement du commerce et l’évolution des civilisations du monde ce qui en fait leur richesse aujourd’hui..
    Tu n’as pas assez joué à Age of Empires.. peut-être pas assez lu de bouquins d’économie.. qui peuvent s’avérer très interessant car pas pro-capitaliste comme tu pourrais l’imaginer..

    Tiens c’est marrant tu ne parles pas du tout de travail dans ton argumentation.

    Enfin bref je pense qu’on a tous pensé comme toi à un moment donné dans notre vie, mais pas forcément osé l’exprimer.

    Au mois ton article fut clair et compréhensible, il en est pas de même pour moi j’en suis conscient mais espère que tu m’auras compris pour la plupart de mes élucubrations..

    PEACE <3

  2. CaliKen janvier 4, 2013 5:54   Répondre

    L’utopie est aussi de se dire que dans un monde sans argent, tout le monde est égal, et tout le monde DOIT taffer de façon paritaire.

  3. CaliKen janvier 4, 2013 6:15   Répondre

    Autre point, Th… Steve, il me parait bien matérialiste comme argument de croire que la reconnaissance et le mérite (dont je précise dans l’article que je ne suis pas contre) ne peuvent être exprimés que par la monnaie, justement.

    Dans ton exemple de la pierre bleue divine : reconnaître la valeur de quelqu’un, l’aimer, c’est autrement plus important que de lui remplir son compte en banque. Si les gens agissaient pour le bien et pour être aimer, alors l’amour remplacerait sans aucun souci le fuckin’flouz. Ce n’est pas en offrant une seconde télé au héros qu’il serait récompensé. La richesse matérielle n’apporte finalement rien. Par contre, le type qui a bu son aberlour n’aura aucune estime de lui. Les valeurs morales sont bien plus importantes que les biens matériels secondaires.

  4. Th... Steve janvier 4, 2013 6:39   Répondre

    taffer de façon paritaire? Tu plaisantes j’espère.. allez, tout le monde bibliothéquaire! xD
    Mais n’oublies pas que si l’on peut changer le monde, changer les personnes qui l’habitent me parait la le plus utopique qu’utopique que l’urticante pique! Ah l’amour…

  5. Bap* janvier 5, 2013 11:28   Répondre

    C’est drôle c’est une réflexion que je me suis longtemps faites et une utopie qui s’est ancrée en moi pendant de longues années.
    Aujourd’hui je me dis que l’argent n’est qu’un vecteur, que l’expression de quelque chose qui est notre humanité. Fais disparaître la monnaie et les hommes créeront le chtong, le chting ou le klung. Et ce ne sera pas mieux, peut-être même pire.
    Les hommes ont besoin de choses pour asseoir leur supériorité, leur domination sur d’autres hommes. Il suffit de voir ce qu’ils font du pouvoir lui-même, du sexe voire de l’amour.

    J’en suis arrivé à l’idée d’une révolution bien plus individuelle, que je te conterai un jour si tu le veux.

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