Kid Icarus Uprising : Ange ou Démon ?

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Il y a des œuvres qui nous touchent directement, en bien ou en mal. Dès le départ, on sait que l’on sera fan, ou, au contraire, complètement dégoûté. Parfois, on part avec des aprioris, et on les garde tout le long… et puis, parfois, la qualité intrinsèque de l’oeuvre en question nous fait changer d’avis.

Voici ce qui m’est arrivé avec Kid Icarus Uprising. Un jeu que j’ai finalement apprécié, après de longues heures de doute.

Pit, le héros du jeu.

Deux gameplay : double plaisir

On aime bien les anniversaires chez Nintendo, et Uprising sort 25 ans après le premier opus, Kid Icarus, sur Nes à l’époque. Il regroupait trois grands genres de jeux, et se voulait une sorte de mix entre Super Mario, Metroid et Zelda. Si le soft n’était pas mauvais, il n’eu cependant pas l’aura des œuvres dont il s’inspirait. Kid Icarus Uprising, quant à lui, s’affranchit de cet héritage et propose deux grands styles de gameplay : un shoot aérien dans lequel le héros défile sur une sorte de rail et où les ennemis s’enchaînent et où l’on peut juste diriger Pit, le héros, dans l’espace de l’écran, sans changer de trajectoire. En fait, c’est la déesse Palutena qui permet à notre héros de voler. Ce don du vol ne dure que 5 minutes, et sert surtout de très bonne excuse à l’arrivée du second gameplay, beaucoup plus proche d’un beat them all. Lorsque Pit est au sol, le jeu devient donc plus lent, légèrement plus technique et propose différents objets ainsi que différents niveaux de tir suivant l’arme que l’on possède. Chaque niveau se termine par l’arrivée d’un boss assez imposant, que l’on affronte dans une arène prévue à cet effet. L’enchaînement shoot aérien / combat au sol / combat contre le boss fait respirer le jeu et permet de ne jamais s’ennuyer. Pourtant, le tout est grandement entaché par une maniabilité perfectible. L’utilisation du stick avec le pouce gauche pour diriger le personnage et du stylet pour viser ne se fait pas sans heurt. Et bien qu’on arrive à plutôt bien gérer le tout au bout d’un (long) moment d’adaptation, la position reste tout de même assez inconfortable. Pareil, l’utilisation du stick rend le contrôle du personnage moins nerveux et moins précis, ce qui peut devenir assez problématique lors des dashs du personnage qui lui permettent d’esquiver certaines attaques. En effet, on déclenche ces esquives en appuyant rapidement deux fois sur une direction, un mouvement beaucoup plus aisé à faire avec une croix directionnelle qu’un stick.

Médusa la « méchante » du jeu. Enfin…

Un scénario de… euh… un scénario chelou quoi

Dès le début du jeu, il faut aller dans les options ou bien avoir un bon niveau en anglais : ça n’arrête pas de jacter. Pit commente ses aventures en temps réel et parle avec la déesse Palutena. Comme je le disais deux lignes plus haut, il faut donc, si on ne maîtrise pas trop la langue de Shakespeare (comme moi) mettre les sous-titre sur l’écran du haut. Etant donné l’action plus que frénétique, impossible de les lires s’ils sont sur l’écran du bas, et rien qu’essayer de jouer en lisant (même sur l’écran du haut) relève de la concentration extrême.

Passé ce premier défi, il nous est alors possible de suivre l’histoire et les dialogues, souvent assez humoristiques, et bourrés de références vidéoludiques. Les répliques s’enchaînent, les jeux de mots sont plus ou moins bien traduits, et, si on ne rigole pas, on sourit souvent face à l’ambiance générale, pas vraiment pesante, même s’il s’agit tout de même de sauver la terre (une fois de plus, hein). Les différents dieux ont beaucoup de charisme, le chara design est vraiment sympa mais l’histoire, c’est juste N’IMPORTE QUOI. Et vas-y que je suis un méchant mais en fait gentil et vas-y que je t’attaque et que finalement j’étais possédé par quelqu’un et que je suis ton double maléfique et qu’en fait non c’est une invasion extra-terrestre. Quel est le fuckin’ fuck ?

Mais bon, là aussi, une fois passé le cap on s’amuse beaucoup. On suit l’histoire avec désinvolture et on s’amuse quand même bien ! Ce qui surprend également, c’est l’impressionnante durée de vie. Je pensais terminer le jeu rapidement, et tout porte à croire qu’une fois Médusa battue, le jeu se termine. Et bien non, on a fait qu’un tiers du jeu, et ça, c’est quand même méga dingue ! Pour un jeu d’action de ce genre, il y a beaucoup de niveaux (je ne dirai pas combien, mais j’ai été surpris) et on en prend plein les yeux pendant longtemps.

La déesse Palutena. Coeur dans les yeux

Graphiquement sublime mais…

Graphiquement, Kid Icarus Uprising déchire tendrement les rétines. Pour le peu que je l’ai utilisée, la 3D est subtile et légère, comme de la chantilly allégée, mais je ne mets jamais ma 3DS en 3D, alors nous n’en saurons pas plus. Par contre, les phases de vol sont une véritable tuerie. On se croirait dans un Starfox ultra chiadée, avec des dizaines d’ennemis à l’écran, sans aucun ralentissement, des décors grandioses et bien foutus et, soudains, des ennemis immenses, des dieux de plusieurs kilomètres de haut, bref, on en prend plein les pupilles.

Les phases au sol sont nettement moins belles. Les ennemis paraissent plus grossiers, et on prend moins de plaisir à arpenter les niveaux, heureusement pas vraiment complexe. Se déplacer est parfois un vrai calvaire à cause de cette maniabilité bancale et du stylet en guise de visée et de gestion de la caméra…

Le plus dommage, finalement, c’est de se dire qu’avec tous ces ennemis, ce spectacle grandiose et cette action frénétique, on reste extrêmement limité avec l’écran de la 3DS. Et voilà d’ailleurs mon plus grand reproche pour Kid Icarus Uprising : il n’est pas sorti sur la bonne plateforme. Selon moi, voilà le genre de jeu qui se joue sur une console de salon, avec un grand écran qui permet de voir tous les détails des décors, toute la beauté du design général, et d’en profiter réellement.

Ouais mais alors, bien ou bien le jeu ?

Comme je le disais au début de cette critique, je suis parti pendant un long moment avec une approche négative, désirant terminer l’histoire rapidement et le vendre ensuite. Mais petit à petit, avec ses musiques (j’en ai pas parlé mais elles sont parfois somptueuses, et sinon, au moins, très bien foutues), sa durée de vie à rallonge, son scénario abracadabrantesque, ses personnages mignons et son action frénétique, le jeu a su me séduire de plus en plus. Les petites features placées ça et là complètent très bien le tableau : on gagne de nouvelles armes, on les fusionne, on les teste, et finalement, on kiffe ! On change ses dons (capacités spéciales), on essaye d’avoir un personnage polyvalent, on commence à s’intéresser au bestiaire, au scénario, à streetpasser pour obtenir de nouvelles armes… et finalement, on se rend compte que Kid Icarus est un jeu plus que complet !

Parti sur un mauvais apriori, je me retrouve avec un soft qui me séduit de plus en plus, très bon sur bien des points, mais incapable de gommer certains défauts, non pas majeurs, mais tout de même assez handicapants. Ainsi, on pestera contre la maniabilité, bien que l’on s’y fasse un peu, et, personnellement, je reste frustré de ne pas profiter de l’expérience sur une véritable console de salon, afin que l’immersion soit totale. Une console de poche ne doit certes pas se contenter d’offrir des « petits » jeux, mais elle atteint ses limites dès que l’expérience de jeu est trop grande.

Ceci dit, Kid Icarus Uprising reste une excellente production.


2 Comments

  1. NiWard juin 6, 2012 7:57   Répondre

    Du grand CaliKen.
     » J’aime bien mais il est pas top mais finalement si alors j’aime un peu mais pas tant que ça mais finalement ça s’améliore alors je kiffe mais je garde mes réserves, ceci dit il est bien.  »
    mpm
     » Balance »

  2. 3DS XL : Blague ou pas blague ? | juin 27, 2012 10:35   Répondre

    […] de l’écran du haut en terme de qualité. J’en parlais dans mon test de Kid Icarus : Uprising, mais c’est aussi valable pour pas mal de jeux 3DS : beaucoup sont très beaux mais ne […]

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