Final Fantasy VS Seiken Densetsu : Deux salles, deux ambiances

Le vieux briscard que je suis a connu le franc, le minitel, Jean-Luc Lahaye et les sociétés Square et Enix. Et ce, bien avant qu’elles ne fusionnent.

Aujourd’hui, à l’heure des cryptomonnaies, du web 5.0, de Cyril Hanouna et de Square Enix, l’heure est pourtant toujours aux succès d’antan. C’était mieux avant, diront certains, et la mode du rétrogaming adulée des nostalgeek prend des allures de farce cauchemardesque tant nous sommes noyés par les rééditions, les remake, les remasterisation et autres résurgence d’un passé qu’on a définitivement du mal à considérer comme tel.

La société Square Enix, jouissant de l’immense catalogue de jeux Square, notamment la fructueuse saga Final Fantasy, ainsi que de celui d’Enix, avec la non-moins monstrueuse série Dragon Quest, a de quoi proposer des kilos de jeux anciens, plus ou moins réchauffés. Mais à l’époque des plats surgelés, il faut croire qu’il y a différentes manières de réchauffer la nourriture. Celle au four, en revisitant la recette, et puis celle au micro-onde, rapidos, pour pas s’embêter.

On the Left Corner

 

Final Fantasy VII, célébrissime épisode de la série, si ce n’est le plus emblématique, et ayant contribué au succès grandissant de la Playstation première du nom et de Square, a donc eu droit à une magnifique nouvelle version, récemment, sur Playstation 4, sobrement intitulé Final Fantasy VII Remake. Comprenez par là, une véritable remake (et non une remasterisation) avec des graphismes somptueux, des doublages dans tous les sens, des musiques en veux-tu en voilà bref… et dernièrement, une réédition encore plus belle est sortie sur Playstation 5 : Intergrade.

La ville de Midgar est extraordinaire. La partie supérieure abrite les nantis, tandis que les bidonvilles, situés en dessous de cette énorme plateforme, regroupent les gens plus pauvres.

Depuis les bidonvilles, on voit bien la superstructure supérieure de la ville haute. On ne se lasse pas de ces décors gigantesques.

J’ai pour habitude de parler des jeux quand je les ai terminé, mais je vais faire une petite entorse pour ce cas précis. FFVII Remake est une tuerie. Graphiquement, il tabasse, les personnages sont beaux à tomber, les décors sont incroyables, aussi bien architecturalement que techniquement, les combats sont dynamiques et bien foutus, l’histoire est intéressante bien que très manichéenne  (du moins, là où j’en suis), les doublages en français sont un peu cuculs mais bien foutus, en jap aussi, bref… Il y a du moyen financier, de l’ambition, le jeu est énorme, et ce n’est qu’une partie de l’aventure d’origine : la suite devrait arriver prochainement. On notera aussi un discours écologique et social important dans le jeu, et qui lui donne une touche clairement humaniste et poignante.

L’évolution graphique en 20 ans est incroyable. Le visage d’Aerith est d’une choupinesserie…

Pour quelqu’un qui n’avait pas fait, honte à moi, le FFVII original, c’est une découverte magistrale et extraordinaire. Un travail léché où il parait bien difficile de trouver la moindre fausse note. Mais de l’autre côté du ring, par contre…

On the Right Corner

De l’autre côté, nous avons Trials of Mana. Action-RPG emblématique, apogée de la série Seiken Densetsu dont il est le troisième du nom, et uniquement sorti au japon. Jusqu’à tout récemment, il fallait s’armer d’un émulateur et de traductions faites par des fans pour toucher à ce « Secret of Mana 2« . Le jeu d’époque est magnifique, doté de plusieurs scénarios en fonction des personnages que l’on choisit. Bref, un jeu qui sublime la base déjà très solide du premier Secret of Mana ainsi que celle de l’épisode Game-Boy. Square était donc, à l’époque, aussi fort en A-RPG qu’en RPG classique.

Oui, mais ça, c’était avant. Car après un remake vraiment pas terrible de Secret of Mana sur PS4, voici que sort, donc, Trials of Mana sur différentes plate-forme. Ne cherchez pas de différence de technique, je vais tout de suite aller à l’essentiel : le jeu est pratiquement aussi moche sur PS4 ou sur Switch. Il pourrait d’ailleurs tenir sur smartphone… et il aurait plutôt du y rester. Je suis un peu sévère, allez, car il est loin d’être pourri.

Oui, on peut le voir, le jeu a été très bien retapé. On vient d’un univers 2D pour partir sur de la full 3D.

Alors certes, si les graphismes sont plus soignés que pour Secret of Mana PS4 et qu’on a cette fois un monde en véritable 3D, que les différents bugs bloquants ont disparu et que la finition est là, on est quand même face à un degré de finition très léger. Les personnages sont mignons mais bougent comme des statues, les villages et villes sont morts avec des PNJ zombis, les paysages figés et vides, et l’histoire s’enchaîne sans aucune énergie. Alors non, le jeu n’est pas moche, il est même agréable à jouer et les combats sont bien foutus mais on garde vraiment un sentiment de « peu mieux faire » tout au long du jeu.

Des filles avec des boobs ou des petites tenues, ça, il y en a.

Oui, c’est mignon est coloré, mais tellement plat et lisse… on rentre dans certains décors, les animations sont molles… bref, c’est vraiment le minimum syndical en terme de réalisation…

And the Winner is…

Alors oui, l’aura de Final Fantasy VII n’est pas la même que celle de Trials of Mana. Le jeu était sorti partout en Europe, avait profité d’une sorti sur la Playstation en pleine gloire, puis sur PC, et était le premier Final Fantasy en 3D. Trials of Mana, lui, était le chant du cygne d’une série sur une console vieillissante, et uniquement sortie au Japon…

Mais tout de même, la différence de traitement entre les deux jeux fait mal au cœur et rappelle que l’industrie du jeu vidéo est là pour faire de la thune et ne met pas tous ses œufs de Chocobo dans le même panier, même chez le même développeur. On ne va tout de même pas bouder son plaisir, car Trials of Mana n’est pas ignoble pour autant, juste fade, et l’énergie investie dans Final Fantasy VII est palpable… quant au résultat : c’est magnifique. Un très bon élève, et un qui fait juste le job. Dommage !

 

 


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