Nos priorités

Dans quelques semaines je serai papa.

Quand je serai papa, je donnerai le biberon à mon bébé.

Parce que mon bébé aura besoin de lait pour vivre.

Quand je donnerai le biberon à mon bébé, je ne lui demanderai rien en retour. Parce que je suis son papa.

Quand je donnerai le biberon à mon bébé, il n’aura pas besoin de me le payer, ni maintenant, ni plus tard. Parce que son droit à la vie dépasse infiniment le prix que j’aurai payé pour quelques litres de lait.

Mon bébé vivra chez moi, jusqu’à ce qu’il soit capable et désireux de vivre ailleurs. Et je ne lui demanderai pas de loyer, pas de compensation. Parce que je suis son papa. Et surtout, surtout, parce que c’est normal.

Ma priorité sera de faire en sorte que mon bébé ait de quoi vivre bien. Ensuite, et seulement ensuite, il pourra partir sur de bonnes bases, être confiant, trouver peut-être un travail et s’occuper de mes vieux jours quand j’aurai matériellement besoin de lui.

Ce que cette métaphore totalement improbable essaye de te faire comprendre, petit lecteur, c’est que, selon moi, le droit de vivre l’emporte sur tous les autres. Et la prodigieuse façon dont la « société » a réussi à retourner les règles du jeu fait, qu’aujourd’hui, on crache sur les gens dans le besoin plutôt que de leur venir en aide. On trouve des millions pour des bêtises mais on est incapable de loger et nourrir nos propres citoyens. L’argent est un frein à la vie, avec ses drôles de lois, et ses drôles de gens dont le seul souci est de le multiplier jusqu’à en perdre la tête. 

De la même façon que nourrir ton enfant te parait logique et inné, notre pays devrait nourrir les siens, leur fournir un minimum vital avant d’attendre quoique ce soit d’autre. Comment vouloir avancer dans la vie, et vouloir donner de sa personne si, au départ, on ne nous a pas donné le minimum vital ? Au delà même des inégalités basiques qui font que certains sont bien nés, et d’autres non, il y a des inégalités encore plus profondes. Certains naissent pour vivre, d’autre, pour survivre.

Jeudi soir, quand j’irai faire le foufou à la DS in Paris, je passerai devant l’église Saint Eustache. Et, une fois de plus, je me refuserai à trouver normal ces gens qui font la queue pour la soupe populaire. Faire la queue pour survivre…
Les années passent, et les problèmes importants dont nous abreuvent les médias et les politiques se substituent les uns aux autres : la dette à rembourser, l’Europe, le chômage, le pouvoir d’achat.

Le problème c’est que je suis stupide. Profondément stupide. Tellement stupide que, entre nous, je vais te faire une petite confidence petit lecteur. Ces soucis là, je torche le troufion d’un bichon avec. Parce que, dans ma grande stupidité, j’ai l’impression que le premier souci, c’est ce que je vois tous les jours dans le métro. Ces gens qui n’ont pas de quoi manger, pas d’endroit où dormir. Ces gens qui ont de quoi, mais alors, juste, tout juste de quoi. Ou encore, c’est gens qui ont un peu plus, mais qui n’arrivent pas à trouver leur place dans notre société, qui n’arrivent pas à trouver du travail, et dont on voudrait me faire croire qu’ils sont mes ennemis, qu’ils utilisent mon argent à ne rien faire et à profiter de ces incroyables aides.

Et bien moi je suis fier et heureux que le peu d’argent que je donne à ces « impôts » puissent aider à vivre des gens qui ne travaillent pas. Et à ceux qui disent que finalement, il est plus facile d’être au chômage et de vivre des acquis sociaux et des différentes aides que travailler durement, je n’aurais qu’une chose à dire : les gars, négociez une rupture conventionnelle et allez-y, au chômage. Peut-être que le désœuvrement, la déprime de ne pas trouver de boulot et l’impression de rentrer dans une spirale complexe vous sauterons aux yeux à ce moment là.

Il est vrai que l’herbe est toujours plus verte dans le jardin du voisin. Il est vrai qu’on nous apprend depuis toujours à nous méfier du voisin et jouir de ses privilèges. Ainsi, on nivèle vers le bas, et on oublie qu’une poignée de vrais profiteurs sont en haut de la pyramide. Allez, hop, enseignants contre parents d’élève, policiers contre banlieusards, public contre privé. Hey, au fait, si les fonctionnaires ont tellement d’avantage (mais si, regarde le dernier reportage de M6, complètement faux, soit dit en passant) postule, donc, personne ne t’en empêche. A moins que peut-être que les salaires à 1.500 euros en fin de carrière te motivent finalement pas trop ?

Je suis stupide, je ne vois peut-être pas certaines évidences qui sautent aux yeux de tout le monde. Je suis peut-être trop niais, et je crois bêtement qu’une personne à qui on donne les moyens, à savoir un toit, à manger et à boire, n’aura pas d’autre intérêt, pour lui-même, que de vouloir aller de l’avant.

Demain, je ne te demande rien. Va voter si tu le souhaites, reste chez toi si tu ne crois pas au système du vote : je ne suis personne pour te donner des conseils. Vote pour qui tu veux. Réfléchis juste au sens de la vie, à ce qui a de la valeur pour toi, et au fait que, j’en suis persuadé, les gens sont gentils. Et que si on demandait à l’intégralité de la planète ce qu’elle en pense, une grande majorité voudrait l’équilibre, l’équité, et la paix.

Je te laisse avec cette petite vidéo qui résume tout.

Voilà.

1 comment

  1. Nana avril 23, 2017 12:20   Répondre

    C’est tellement ça ! C’est vrai, je ne trouve pas ça normale que encore aujourd’hui, des personnes meurent de faims à l’heure qu’il est… Triste monde mais c’est à nous de le rendre meilleur

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