[Cinéma] Godzilla : Un énorme cul de lézard entre deux chaises

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J’ai envie de mettre par écrit ce que j’ai ressenti en sortant du film Godzilla de Gareth Edwards et d’expliquer clairement ma grosse déception.

Ok ?

Ok !

Ça partait bien

D’abord, il y a eu ce teaser de folie.

Une plongée dans le chaos total, un monstre légendaire qu’on devine plus qu’on ne voit, plein de trucs incroyables qui font badaboum, Bryan Cranston (oui, oui, l’acteur qui jouait le père dans la série Malcolm et qui a brillamment interprété le héros de Breaking Bad)… tout ça me donnait une certaine érection et un enthousiasme véritable. En fait, je m’attendais à deux choses :

-Soit le film allait au bout du délire du teaser et nous proposait alors une sorte de Godzilla sauce Cloverfield, à la limite de la caméra embarquée, focalisation sur les humains, explosions dans tous les sens, et pas beaucoup de plans sur notre lézard gigagéant.

-Soit le film reprenait les bases des vieux Godzilla japonais et nous montrait des combats de monstres extraordinaires dans des villes qui prennent cher, avec des plans de fous et des affrontements qui n’en finissent pas.

Du coup, je suis allé voir le film dans un très bon état d’esprit : ni trop impatient, (je n’en attendais pas trop), ni trop réticent, (je ne voulais pas jouer au troll).

J’étais donc prêt à passer certains défauts inhérent au genre…

Les défauts pas graves

Je passe donc sur le jeu des acteurs, résolument mauvais, et la grosse déception que fut, pour moi, le jeu de Bryan Cranston qui m’a fait complètement décrocher dès le début du film. Too much dans son rôle de scientifique incompris qui vit des trucs durs. Quant au héros, « gentil-soldat-américain-père-de-famille-plus-fort-que-les-autres », interprété par Aaron Taylor-Johnson (Monsieur Kick-Ass + 8000 séances de muscu), il n’est pas foufou non plus, mais il fait illusion. Le général des forces armées est aussi convaincant qu’une fougère géante et le scientifique japonais ne parle pratiquement pas du film (mais on va dire qu’il joue bien).

Peu importe, de toute façon, le seul acteur important, c’est Godzilla, et lui, son interprétation est parfaite.

article-0-1A02C09800000578-65_634x382Comment ai-je pu être aussi mauvais ? (sanglots)

On passera également sur les scènes ultra convenues, la porte de la cellule qui s’ouvre comme par magie pour laisser sortir le type qui y était enfermé, les scènes poignantes qui ne le sont pas, les milliers de lieux communs qu’on voit arriver 10 ans en avance, la lenteur du film et le fait qu’il soit assez décousu et qu’il se passe un peu partout, au Japon, à Hawaï, et dans plusieurs villes des États-Unis.

J’occulte tout ça, et je me consacre sur le fait que c’est un gros film de fou avec plein d’effets spéciaux, d’explosions et de réelles qualités.

Les qualités ? Mais oui madame, elles sont là!

ATTENTION SPOILER DES 10 PREMIERES MINUTES DU FILM

Godzilla a de la gueule, il ressemble beaucoup à la version originale japonaise, plutôt pataude, tout en étant « réaliste ». Il est gentil, ne tue pas les humains et affronte d’autres monstres énormes et méchants, qui se nourrissent de nos déchets nucléaires et de nos gentilles bombes H. Je trouve qu’il ressemble à un gros chat. Mais c’est ptêtre moi qui débloque, hein ?

FFFFFFFFFFFF (feulement de chat)

Ça explose de partout, c’est bien foutu, et le début du film nous met bien dans l’ambiance, avec une très sympa chronologie des premières apparitions de Godzilla depuis la fin de la seconde guerre mondiale et des images d’époque, en noir et blanc. Cool !

Autre point cool : Juliette Binoche incarne la mère du héros et elle meurt dans les 15 premières minutes du film.

Ce qui fâche vraiment

Entrons dans le vif du sujet et commençons avec les J’en ai marre…

J’en ai marre de :

-Ces monstres de 150 mètres de haut qui sont à 10 mètres de toi mais que tu ne vois pas. Oh, suspens ! Je n’avais pas vu cette montagne !

-Ces monstres qui arrivent en faisant un bruit de dubstep inquiétant. TICTIKKKTKTKTKKTKTKTKKTKTKT.

-Ces soldats américains qui utilisent des mitraillettes contre des Kaiju (le nom des gros monstres dans l’univers de Godzilla) de 50.000 tonnes.

-Cette armée américaine qui ne connaît que deux armes : les petites mitraillettes et la bombe nucléaire (un exocet peu transpercer un navire, il devrait pouvoir péter une jambe de Godzilla non ? T’as raison, mets plutôt 10 snipers sur le toit)

-Cette base américaine explosée à 80% mais dont on ne se rend compte qu’après coup, en ouvrant une porte (MAIS SERIEUSEMENT)

-Et j’en passe !

Le « Muto » est l’ennemi de Godzilla dans cet épisode. Il a un petit côté monstre de Cloverfield, et un ptit côté « alien futuriste ». Bof…

Le vrai truc qui me chagrine, ma pauvre Denise, c’est que le film, comme le titre du blog l’indique, a le cul entre deux chaises. Ce Godzilla 2014 n’ose pas ! Certes, il nous propose un Godzilla à l’ancienne, un peu pataud, qui se tape deux autres Kaijus mais on ne voit finalement pas grand chose du combat et la caméra se concentre finalement sur l’action des humains. La palme revient à ces scènes dans lesquels Godzilla va mettre un pain aux autres streumons et… hop, on change de plan pour se concentrer sur les soldats « oulala tout tremble, LOLOL j’ai peur ». Allons bon ! Après l’incroyable Pacific Rim on était en droit de s’attendre à de la castagne en grandes dimensions ! A un Godzilla qui prend un train et qui s’en sert comme nunchaku pour rosser des moustiques de 150 mètres de haut. Et bien non, passe ton chemin ! On notera juste le splendide coup de queue du saurien à un « moment » dans le film, et son Finish Move vers la fin, qui est plutôt classe.

Paradoxalement, le film en montre trop pour se la jouer Cloverfield, puisque les scènes de combats sont bien présentes, mais trop courtes. Pourquoi ne pas avoir osé ne montrer les monstres que par les yeux des héros, ou du moins, ce que peuvent voir les gens ? On aurait eu là une sacré originalité. Et pour les grosses scènes de fight : une vision de la scène de combat retranscrite par un hélicoptère de la télé, ce que fait d’ailleurs intelligemment le film lorsqu’il montre un flash spécial avec les monstres qui se foutent dessus (mais encore beaucoup trop court). Au final, on a juste un film qui manque cruellement de rythme, entre des scènes où l’on parle en attendant de voir Godzilla, et des scènes avec Godzilla où l’action est rapidement coupée… Frustration level 1.000 !

Voilà, pour mettre un mot à ce que je ressens, je dirai que ce Godzilla n’assume pas son côté bourrin. Il tente de se rendre intelligent, alors qu’il s’agit juste d’un giga film d’action avec des trucs géants qui se foutent dessus. Il tente une certaine vision de l’œuvre, l’effleure et nous fait presque rêver, comme le trailer le suggère, mais il retombe dans le blockbuster et, pire, ne l’assume pas, en ne donnant pas sa came au spectateur : du combat de monstres en veux-tu en voilà !

Dommage.


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