Chapitre 1

Je m’appelle Thomas Bratin, j’ai 15 ans, et nous sommes en l’an de grâce 2000. Je suis dresseur Pokémon, en Seconde dans le lycée de ma ville, Monche-Ville, une petite bourgade de 20.000 habitants, dans le Sud de l’Ile de France, à vingt minutes de Paris en RER. Comme tout dresseur Pokémon qui suit les cours officiels en plus de mon parcours scolaire lambda, je dois passer, avant mon entrée en Première, au moins un mois des grandes vacances (Juillet ou/et Août) dans la région de Kanto-Johto, au sud du Japon. C’est là-bas que le dressage de Pokémon a pris son essor, une sorte de sport national, un peu comme le football au Brésil !

C’est un passage obligé, une sorte de rite initiatique pour devenir un grand dresseur et poursuivre les cours. Il nous faut acquérir au moins 8 badges en battant les champions d’arènes de la région, puis revenir avec et valider notre inscription pour les cours de l’année suivante. En effet, à partir de la Première, les cours Pokémons sont dissociés de ceux de l’enseignement général. J’irai à la fois au Lycée, géré par l’Education Nationale, mais aussi au Lycée de Dressage de ma ville, qui en possède  heureusement un (ce qui n’est pas le cas de toutes les villes, surtout les petits patelins). Les horaires sont très flexibles, mais c’est une dose de travail assez conséquente. Je ne m’en inquiète pas : le dressage et l’entraînement des Pokémons, c’est ma passion depuis tout petit. Ce n’est pourtant pas ma mère qui me la transmise, elle n’a aucun Pokémon ! Quant à mon père, je ne l’ai pas connu, il est décédé quelques mois avant ma naissance. Je n’en souffre pas vraiment, c’est assez étrange, même si je regrette évidement de ne l’avoir jamais vu en vrai. C’était, parait-il, un des meilleurs dresseurs Pokémons de la région, mais ma mère, Luna, n’aime pas beaucoup en parler. C’est peut-être pour ça que j’ai du tant insister pour pouvoir partir à Kanto-Johto. Le voyage n’est pourtant pas très risqué, je serai entouré de mes Pokémons et l’organisation sur place est bien fichue, mais il est vrai que nous avons carte libre, que nous sommes encore des adolescents et qu’il y a déjà eu quelques accidents. Mais maman sait que mes Pokémons sont là pour me protéger, que je suis d’un tempérament aventureux mais assez responsable, et que je ne ferai pas de folies.

Le voyage en lui-même peut durer plus d’un mois, et, en tant que dresseur, nous sommes hébergés par tous les centres Pokemon de la région, et ceci gratuitement. Ils nous fournissent également des repas et des paniers repas. Tout est vraiment bien organisé, et je ne me fais pas de souci pour ça. En fait, je ne me fais pas de souci tout court, car j’ai confiance en mes talents de dresseurs. Je n’ai qu’une hâte : affronter les meilleurs Gym-Leaders (Champions d’Arène) de Kanto-Johto et repartir en France avec un maximum de badges ! Beaucoup de mes camarades de classes espèrent capturer beaucoup de nouveaux Pokémons sur place. Il faut dire que la région regorge de spécimens rares, voire uniques. En ce qui me concerne, je suis beaucoup plus intéressé par le combat et l’entraînement que par la capture. Et puis il faut dire que je possède déjà 7 Pokémons, ce qui est très rare à mon âge. Généralement, les garçons et les filles de ma classe en ont 3 ou 4 et espèrent utiliser leur voyage initiatique pour compléter leur équipe, qui est de 6 Pokémons maximum. D’ailleurs, j’ai du faire un choix cornélien en partant de chez moi et choisir qui ne m’accompagnerait pas à Kanto-Johto. Sur les 7 Pokémons, il était hors de question de me séparer de Firsty, mon Carabaffe (oui, je renomme mes Pokémons, et cela fait bien rire mes camarades…), que j’ai eu avant même de commencer les cours Pokémon en sixième. Je crois que j’étais en CE2 à l’époque, un ami de mon père me l’avait offert. Impossible également de me passer de Seiko, mon Kadabra. C’est le plus puissant de mes Pokémons, et en plus, il est de type Psy, ce qui en fait un adversaire redoutable ! Les professeurs ont été étonné par sa puissance et lui ont fait passer des tests. Résultat : il semblerait qu’il ait un taux de DV très élevé. Je passe les détails, mais, pour résumer, je suis tombé sur un spécimen très puissant. Il y a aussi Flitou, le premier Pokémon que j’ai capturé seul, en sixième, lorsque j’ai commencé les cours Pokémon. C’est désormais un superbe Papillusion et il est adorable ! Ce n’est pas le plus puissant de mes Pokémons, mais il m’obéit au doigt et à l’oeil ! Ce n’est pas mon seul Pokémon capable de voler, je possède depuis quelques mois un superbe Airmur, que j’ai baptisé Iron. J’adore ce Pokémon, il est à la fois rapide et solide et j’ai passé beaucoup de temps à l’entraîner. Un de mes Pokés les plus rares est Couty, mon Minidraco. Je suis le seul de mon lycée à en avoir un. Et même le seul de mes connaissances ! Peut-être évoluera-t-il un jour en Draco. J’ai cependant très peu de chance de le voir évoluer en Dracolosse, car ils mettent des années et des années à évoluer. En tout cas, c’est un Pokémon extrêmement docile et puissant. Il y a aussi mon Reptincel, que je n’ai pas rebaptisé. Il est fier et arrogant, et parfois un peu capricieux, mais il a un tempérament correspondant à son type : le feu. Je ne l’ai jamais vu abandonner un combat. Le septième Pokémon est Tygnon. Lui aussi, je ne l’ai pas renommé. Il est très fort et rapide et je compte bien l’emmener avec moi…

Voilà maintenant deux heures que je suis dans cet avion et je n’arrive pas à m’y faire. J’ai du me séparer d’un de mes Pokémons. Et après mûres réflexion, c’est Flitou, mon Papilusion, qui est resté auprès de ma mère, dans sa petite maison dans le quartier pavillonnaire de Monche-Ville. Il n’a pas du tout bronché quand je lui ai fait part de ma décision. Il n’a pas vraiment un tempérament aventureux et je sais qu’il est tout aussi heureux d’être resté chez moi, à flâner dans le jardin de maman, mais je ne peux m’empêcher d’être triste de le laisser derrière-moi. Qui plus est, cela m’amène à réfléchir à d’autres éventualités. Si je croise un Pokémon que je désire capturer, même si ce n’est pas mon objectif, il faudra que je laisse une Pokéball en pension dans un centre Pokémon. La manœuvre est simple et totalement sécurisée, mais cela ne me plait pas de devoir laisser un Pokémon. En plus, cela m’obligerait à revenir sur mes pas pour récupérer la Pokéball dans le centre Pokémon en question. Le jour où l’on pourra téléporter des Pokéballs sera une véritable révolution ! En attendant, je tente de me reposer. Je relis le petit agenda qui me sert de planning et de mémo. J’y note les évènements marquants de mes journées, mes notes sur mes combats, mes idées de dressage et également un peu de ma vie personnelle. Je parcours d’un œil distrait une page noircie par une écriture nerveuse qui n’est, au premier coup d’oeil, visiblement pas la mienne.

J’ai été extrêmement déçue par toi, Bratin. Je pensais que nous avions des projets communs, mais il semblerait que tu ne puisses être amoureux que de tes Pokémons. Alors continue donc de vivre dans ton égoïsme, et adieu !

 Christelle

Voilà les derniers mots laissés par ma dernière petite-amie. Deux mois passés ensemble. Le record n’a pas été battu, mais je n’en ai pas été loin. Contrairement à ce qu’a écrit la miss, je ne suis pas un monomaniaque et je n’ai pas QUE le dressage à l’esprit. C’est effectivement ma passion, mais je ne vis pas que pour ça. Je pense être un type assez intéressant, cultivé, ma mère m’a appris à faire la cuisine, et je m’en sors apparemment super bien ; j’aime les jeux-vidéo, lire, sortir, et draguer. Il faut dire que je n’ai pas trop à me plaindre de mon physique. Peut-être un peu sec, mais tout de même… Un mètre 78, 64 kilos, les yeux marrons clairs, les cheveux en pics, un bandana noir pour le tenir, les traits réguliers, assez fins, mais pas efféminés, je suis assez sûr de moi mais aussi modeste, j’ai plein de sujets de conversations différents, et je pense être assez drôle… Au vue du nombre de filles avec qui je suis sorti, je ne m’inquiète pas trop pour mon avenir amoureux. Au contraire, même si j’aime bien sortir avec de jolies demoiselles, j’apprécie les périodes de solitudes. C’est là que j’entraîne le mieux mes Pokémons et que je parfais mon dressage. Un jour peut-être je trouverai LA fille faite pour moi. Mais à mon avis, il faudra que ce soit une dresseuse aussi !

4 Comments

  1. RiyeT avril 6, 2012 8:47   Répondre

    Prems!!!
    Bravo pour l’audace de ta démarche! Je sais que c’est difficile de se dépasser en sortant un de ses projets perso secret du placard.
    Chapitre intro un peu trop exhaustif peut être, mais ça a le mérite de tout nous faire découvrir rapidement sur ton univers.
    Maintenant, j’attends la suite! ^___^

    (J’espère que tu ne m’en veux as si je critique un peu, c’est ce que j’aimerai qu’on fasse pour moi)

  2. Lili avril 6, 2012 9:51   Répondre

    La suite, la suite ! Je reste sur ma faim, l’arrêt est trop brutal, le flot d’informations stoppe net, je ne tiendrai pas longtemps face à l’impatience qui m’envahit (non, je n’ai aucun sens théâtral, c’est FAUX)

    Quel plaisir de te (re)lire ^^

  3. CaliKen avril 9, 2012 10:58   Répondre

    J’ai fait exprès de faire court les gens !!! Je veux créer de l’attente :)

  4. RiyeT avril 9, 2012 1:26   Répondre

    Lol le dresseur bogoss! Le décor est planté! Vivement l’attérissage!

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